☼ Une main qui écoute

   Albrecht durer 

     Une main qui écoute c'est une main qui ne veut rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui ne sait rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui ne fait rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui n'attend rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui ne manque de rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui ne demande rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui ne touche à rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui ne manipule rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui ne rectifie rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui ne prend rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui ne donne rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui ne projette rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui ne vole rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui ne violente rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui ne profite de rien.
     Une main qui écoute c'est une main qui ne prétend plus rien.

     Une main qui écoute c'est une main qui respire.
     Une main qui écoute c'est une main qui immobilise.
     Une main qui écoute c'est une main qui tremble.
     Une main qui écoute c'est une main qui abandonne.
     Une main qui écoute c'est une main qui effondre.
     Une main qui écoute c'est une main qui approfondit.
     Une main qui écoute c'est une main qui invente.
     Une main qui écoute c'est une main qui disparaît.
     Une main qui écoute c'est une main qui meurt.
     Une main qui écoute c'est une main qui traverse.
     Une main qui écoute c'est une main qui brûle.
     Une main qui écoute c'est une main qui silence.
     Une main qui écoute c'est une main qui musique.
     Une main qui écoute c'est une main qui écoute.
     Une main qui écoute c'est une main qui espace.
     Une main qui écoute c'est une main qui n'est plus à personne.

 

 

 

Guerre contre soi-même

« Il faut mener la guerre la plus dure qui est la guerre contre soi-même.

Il faut arriver à se désarmer.

J'ai mené cette guerre, pendant des années. Elle a été terrible.

Mais maintenant je suis désarmé.

Je n'ai plus peur de rien, car l'amour chasse la peur.

Je suis désarmé de la volonté d'avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres.

Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses.

J'accueille et je partage.

Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets.

Si l'on m'en présente de meilleurs, je les accepte sans regret.

Ou plutôt non pas meilleurs, mais bons. J'ai renoncé au comparatif...

Ce qui est bon, vrai, réel, où que ce soit, est toujours pour moi le meilleur.

C'est pourquoi je n'ai plus peur.

Quand on n'a plus rien, on n'a plus peur.

Si l'on se désarme, si l'on se dépossède, si l'on s'ouvre au Dieu qui fait toutes choses nouvelles, alors Lui efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible. »

 

Olivier CLEMENT

Dialogue avec Athénagoras

 

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