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Je vous invite à découvrir ETTY HILLESUM (1914-1943)

 " notre petite soeur hollandaise " morte à 29 ans

libre et dans la joie

 

Etty hillesum web p 15 wikimedia commons

Le parcours lumineux, solaire, d'Etty Hillesum est un témoignage éclatant sur la façon dont le ministère intérieur peut être purifié, se déployer dans une situation dramatique, complètement verrouillée, « encerclante », angoissante.

Etty est juive, hollandaise, née en 1914. Elle vit à Amsterdam, est une amoureuse de la vie qu'elle croque à pleines dents. Elle est farouchement libre, ardente, fougueuse, curieuse d'expériences diverses.

En février 1941, elle rencontre un homme qui a plus du double de son âge, Julius Spier, ancien directeur de banque qui s'est consacré à la « psychochirologie » - qui consiste à déchiffrer dans les lignes de la main les signes du cœur, de l'esprit, de l'âme d'une personne et à les interpréter. Elle va vivre avec lui une passion dévorante, chaotique, possessive. Mais Julius Spier se révèle « passeur de sens », il va éveiller Etty à la dimension spirituelle ; il l'aide à prononcer sans honte le nom de Dieu. Elle, si éprise de liberté, va un jour tomber à genoux : « elle se sait habitée et ose enfin nommer cette force étrange si tendre et impérieuse qui la fait s'agenouiller subitement dans le fouillis du quotidien » sur le tapis de la salle de bain. Dans cette relation, elle va passer de la passion dévorante (éros) à l'amitié (philia) et enfin à l'amour désintéressé pour tous (agapé). « Elle parcourt de fond en comble ces trois versants de l'amour ; en chaque domaine elle aura resplendi. »

Lors de l'invasion de la Hollande par les armées nazies, elle réagit envers et contre tout par un amour inconditionnel de la vie, de l'humanité, de Dieu. Elle refuse la haine tout en demeurant lucide et sans illusion ; ce que l'on peut bien nommer son ministère intérieur d'Amour et de transmission de la Vie va être épuré de jour en jour.

Le 15 juillet 1942 elle entre au Conseil juif où on l'affecte au service « Affaires culturelles ». En fait elle va découvrir que cette organisation est une véritable mascarade manoeuvrée par les nazis. Beaucoup de juifs se faisaient engager en espérant ainsi sauver leur vie, mais Etty ne se faisait aucune illusion, elle sait de certitude qu'un jour ce sera son tour. Elle décide quand même de jouer le jeu. Elle refuse la clandestinité et espère ainsi aider ceux et celles qui se trouvent brutalement sans aucune protection.

Elle a un travail harassant, « un enfer, un merdier » écrit-elle. Elle peut encore passer la nuit chez elle et là, elle contemple les roses qui continuent à fleurir, à donner leur beauté sans mesure, sans arrière-pensée, ce qu'elle-même cherche à être et faire.

Au début d'août 1942, elle demandera à être affectée à Westerbork, camp de transit où les juifs étaient regroupés avant d'être tranférés dans les camps d'extermination, par trains (les bétaillères) chaque mardi matin.

Elle est détachée volontaire au service d'aide sociale du camp. Elle partage la vie misérable des prisonniers de ce camp de sursis, peut cependant de temps à autre - jusqu'en août 1943 – revenir dans la capitale, notamment au moment de la mort de Julius Spier : « je dois faire face seule, désormais », note-t-elle dans son journal. Mais son cœur est empli de gratitude pour ce rôle de « passeur » qu'a eu auprès d'elle cet ami si proche ; elle continue de garder au cœur l'amour de la Vie.

Une part de son travail consiste à « préparer » ceux et celles qui sont désignés pour le départ des trains le mardi matin, les aider, les soutenir de toutes les manières ; elle était là sur le quai de la gare avec eux jusqu'au bout, jusqu'à l'extrême limite, la fermeture des portes des wagons. Etty fait partie du dernier convoi, le quatre-vingt-douzième, et mourra à Auschwitz en 1943 à vingt-neuf ans, ainsi que toute sa famille.

Elle a décidé d'être « le cœur pensant » de toutes les baraques de Westerbork. « Un cœur pensant, écrit Sylvie Germain, n'est pas simplement un cœur aimant ; c'est un cœur attentif tout à la fois exempt de la moindre illusion et insoumis au désespoir régnant. C'est un amour en veille, en alarme, en action constante. Un amour dénué de sensiblerie, qui fait front à la réalité dans toute sa sauvagerie, brave le mal avec ténacité, pugnacité », un cœur qui garde le courage de penser l'impensable.

Elle refuse vigoureusement la haine : « L'absence de haine n'implique pas nécessairement l'absence d'une élémentaire indignation morale. Mais pourquoi devrions-nous choisir toujours la voie la plus facile, la plus rebattue ? Au camp j'ai senti de tout mon être que le moindre atome de haine ajouté à ce monde le rend plus inhospitalier encore. »

« Si la victime innocente se laisse envahir par la haine, elle est atteinte au plus intime de son être par la maladie du mal... et le mal rebondit, se multiplie. »

Etty veille avec le plus grand soin, avec une constante attention, sur ce trésor qui lui a été confié : un foyer d'énergie qui vient de Dieu, qui irrigue tout son être et lui donne la force de tenir, de secourir. Elle est en dialogue permanent avec Dieu, Présence vivante, qu'elle appelle simplement « mon Dieu ». Dieu a fait d'elle son abri, son corps d'asile, son cœur d'accueil, en un temps de détresse. Elle a fait de lui son hôte, son protégé, son ami, alors qu'il n'était plus qu'absence et silence.

Elle regarde la mort en face ; « en excluant la mort de sa vie, on se prive d'une vie complète ; en l'y accueillant on élargit et enrichit sa vie ».

Cela n'a pas été sans lutte. « Je ne suis ni amère, ni révoltée, j'ai triomphé de mon abattement et j'ignore la résignation. » Dans la grâce de cette rencontre avec Dieu, elle a réorienté, réinvesti ses énergies vitales, sa force intérieure vers les abandonnés, les exclus, ceux et celles que l'on considère comme des moins-que-rien.

« La vie doit demeurer belle et pleine de sens et donc on ne doit rien concéder à la peur, la médiocrité d'un égoïsme défensif », écrit-elle dans son journal. « Ce qui importe, ce n'est pas de rester en vie coûte que coûte, mais comment l'on reste en vie. »

Certains ont objecté qu'à force de concentrer son énergie à expulser hors d'elle le moindre élan de haine, elle a négligé le combat pourtant indispensable contre la barbarie... « tout se passe comme si la lutte contre le mal intérieur venait à la place de celle contre le mal extérieur, au lieu que l'une serve de préparation à l'autre. »

Cependant, son parcours est d'une telle densité spirituelle, en même temps que planté au cœur même de la réalité, qu'il se situe au-delà de tout raisonnement. Elle a été dans « l'accomplissement ».

« Si j'aime les êtres avec tant d'ardeur, c'est qu'en chaque être j'aime une parcelle de toi, mon Dieu », écrit-elle.

Elle a vécu ce pour quoi elle était faite, ce qui est une belle définition de la « vocation ». Elle a su découvrir le trésor qui lui était confié ; avec la liberté qui la caractérisait, elle a développé une relation à Dieu tout à fait spécifique, intime, personnelle, ardente, juste.

Elle a été essentiellement « disciple de l'événement ». Au cours d'événements en événements de plus en plus désastreux, elle a continué à déployer son amour de Dieu et des êtres humains, cette énergie lumineuse et aimante qu'elle portait en elle.

Sa vie est comme « une lettre » que Dieu nous écrit.

Bien qu'Etty n'ait jamais prononcé les mots de « ministère intérieur », nous pouvons sans crainte rendre grâces car il nous est donné là le meilleur enseignement qui soit sur la purification du ministère intérieur. Après avoir médité la partie de ses écrits qui ne s'est pas perdue, nous comprenons ce que cela signifie pour nous.

 

 

Simone PACOT

Ouvrir la porte à l'Esprit

(pages 385 à 389)

Simone pacot ouvrir la porte

 

Sylvie GERMAIN

Etty Hillesum

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PARTIE 1 : durée 17 minutes

 

PARTIE 2 : durée 26 minutes

 

PARTIE 3 : durée 7 minutes

 

 

 

Capture etty 1

 

 

9782020568333

 

 

Capture etty

 

 

Unnamed

 

http://www.amisdettyhillesum.fr/extraits.htm

 

" Porter l'autre en soi, partout et toujours, enserré en soi-même, et là, vivre avec lui. Et cela non pas avec un seul, mais avec un grand nombre. Inclure l'autre dans l'espace intérieur et l'y laisser s'acclimater, lui faire une place où il puisse croitre librement et s'épanouir. Vivre authentiquement avec les autres, même si l'on peut parfois rester des années sans voir quelqu'un, laisser malgré cela cet autre poursuivre sa vie en vous et vivre avec lui, c'est cela l'essentiel. Et c'est ainsi que l'on peut continuer à vivre en communauté avec quelqu'un, protégé des vicissitudes extérieures de cette vie."


13 mars 1942